Le caprice de Lady Profeco se transforme en affaire d'Etat

Publié le par souslesoleildemexico

La jeune et belle Andrea Benitez était loin de penser que son caprice dans un restaurant de Mexico allait faire le buzz sur les réseaux sociaux, dans la presse mexicaine ainsi que dans le New York Times.  Son petit scandale a même fait réagir le nouveau président Enrique Peña Nieto qui a demandé des comptes au père de la señorita, titulaire du de la Profeco.

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Vendredi 26 avril en début d'après-midi, Andrea réserve une table dans un restaurant très couru de la capitale, Le Maximo Bistrot situé dans le quartier branché de La Roma. A son arrivée, aucune table n'est disponible. La jeune femme et ses ses amis sont priés de patienter un peu. Mais voilà, Andrea n'est pas du genre à patienter et elle le fait savoir vertement. Malheureusement pour elle, la propriétaire du bistrot n'entend pas céder au caprice d'un cliente désagréable. Vexée, la diva repart en menaçant l'établissement d'une vengeance de son papa. Le père de la plaignante n'est autre que le señor Humberto Benitez Treviño, le titulaire de la Procuradoria Federal del Consumidor (dit aussi Profeco), l'équivalent de notre secrétariat à la consommation. Deux heures plus tard, plusieurs fonctionnaires de la Profeco viennent contrôler l'établissement et ordonnent la fermeture immédiate du restaurant sous prétexte de deux ou trois défauts de présentations et d'étiquetage de produits.

Ce fait divers serait certainement passé inaperçu au regard du grand public il y a quelques années à Mexico. Mais voilà, le psychodrame de la diva a scandalisé les autres clients qui ont aussitôt relayé sur Facebook et Twitter le caprice de celle baptisée « Lady Profeco ». L'info s'est ensuite répandue comme une trainée de poudre et toute la presse mexicaine l'a relayée pour dénoncer le retour des bonnes vieilles pratiques du PRI, le Parti Révolutionnaire Institutionnel, dont est issu le nouveau président. « Népotisme », « corruption », « injustice », « abus de pouvoir », la polémique prenant de l'ampleur dans la presse et au parlement, Humberto Benitez et sa fille ont présenté leurs excuses sur Twitter dès le lendemain. Et Enrique Peña Nieto en personne s'est senti obligé d'intervenir par un communiqué pour éteindre l'incendie.
Depuis sa prise de fonction en décembre, le nouveau président ne cesse de clamer dans ses discours sa volonté de respecter la constitution, l'indépendance de la justice et la liberté des citoyens, une façon de rompre avec l'image de l'ancien PRI connu pour son clientélisme, sa corruption et ses abus de pouvoir. Cette petite histoire de Lady Profeco rappelle que se cachent dans l'équipe d'
Enrique Peña Nieto des hommes qui oublient vite la consigne présidentielle et n'hésitent pas à renouer avec les vieilles pratiques. Humberto Benitez fait partie de cette ancienne génération et se pensait intouchable. 

Mais l'opposition, par la voix des députés de gauche du PRD (Parti Démocrate Révolutionnaire), ne cessent de demander, depuis la révélation du psychodrame, la démission du responsable de la Profeco. Et mercredi 15 mai, sous la pression populaire et médiatique, le porte-parole du gouvernement a annoncé la fin du mandat d'Humberto Benitez Treviño sous ordre direct du président de la République considérant que "ce scandale avait terni l'image gouvernementale". Il est probable que la "cuenta" du restaurant ne reste longtemps sur l'estomac du père de Lady Profeco.   

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