ERWAN L'HELGUEN - Entrepreneur breton et self made man mexicain

Publié le par souslesoleildemexico

Erwan L'Helguen est un entrepreneur heureux. Arrivé en 1998 à Mexico en tant qu'étudiant en commerce, il a rapidement monté sa boîte de conseil dans le secteur de l'agro-industrie. Aujourd'hui, sa société LHT Conseil & Trading prospère et le jeune chef d'entreprise de 37 ans compte bien développer ses activités sur toute l'Amérique latine.

 

JML Lhelguen 7673Pourquoi avoir choisi le Mexique ?

Le hasard total. Lors de mes études à l'ESC de Bordeaux, nous avions l'opportunité de passer notre dernière année à l'étranger. Mon idée était d'aller étudier au Brésil mais je ne parlais pas le portugais et je n'ai pas été retenu. Par chance, il restait une place au Mexique au TEC de Monterrey (Estado de Mexico). J'ai dû prendre ma décision très rapidement sans connaître vraiment le pays mais j'avais envie d'exotisme et je suis donc arrivé ici à l'âge de 23 ans.

 

Quelle image aviez-vous du Mexique à l'époque ?

Personne ne voyait le Mexique comme une terre d'opportunités en 1998. On me demandait : "Mais qu'est-ce que tu vas faire là-bas?" Quand j'évoquais le pays, on me parlait de kidnappings, de pollution, de tremblements de terre ou sinon de clichés de vacances : les plages de Cancun et les plongeurs d'Acapulco... Aujourd'hui, même si la vision économique du pays a un peu changé, le Mexique souffre encore d'un cruel déficit d'image.

 

" Oublier que l'on arrive en terrain conquis "

 

Comment s'est construit votre parcours professionnel ?

Mon année d'étude m'a permis d'apprendre l'espagnol et de découvrir le pays, la culture, puis j'ai travaillé deux ans et demi dans une entreprise française de conseil en Import Export et j'ai beaucoup appris. Ensuite, j'ai monté ma boîte en 2001 en reprenant le relais de Bretagne Internationale au Mexique, l'association qui se charge de faire la promotion des entreprises bretonnes à l'étranger. Je réalisais des études de marché pour des sociétés bretonnes et j'ai monté une société de représentation commerciale en tant qu'agent distributeur. Mon frère Marc m'a rejoint un peu plus tard et s'est lancé dans le sport en montant lui aussi sa propre boîte car nous souhaitions différencier la partie agro-industrie de la filière sportive.

 

Que faut-il savoir pour faire des affaires au Mexique ?

Il faut d'abord oublier l'idée que l'on arrive en terrain conquis. La vieille Europe à la conquête du Nouveau Monde, c'est du passé. Il ne faut pas croire que tout va nous sourire car l'on vient de France. Celui qui veut investir au Mexique doit prendre conscience de deux choses essentielles : la patience et la persévérance. L'erreur est de croire qu'un projet peut se conclure en deux rencontres au bout de quelques mois. La confiance dans les affaires nécessite du temps.

Il faut casser les préjugés du "conquistador" et se "tropicaliser" tout en gardant notre structure de raisonnement européen. Cela veut dire préserver notre formation intellectuelle "à la française" en intégrant dans des repères latino. Ce n'est pas si simple.JML Lhelguen 7671

 

"La France professionnellement plus jamais !"


Quels liens gardez-vous avec la communauté française ?

Aujourd'hui, mon frère et moi avons un énorme relationnel mexicain. Ici, j'ai beaucoup plus d'amis mexicains que français. J'ai vécu une intégration totale et je pense que c'est un avantage. Comme je dis souvent, j'ai un contrat à durée indéterminée ici au Mexique et je ne suis pas du tout dans le même contexte qu'un expatrié qui sait qu'il va repartir dans 3 ou 5 ans.

 

Et votre vision de la France ?

La France professionnellement plus jamais ! Je veux dire que je n'y retournerai pas pour travailler. Je passe souvent en France pour voir la famille, les amis et aussi pour les affaires et j'ai l'impression que beaucoup de mes amis ne sont pas heureux dans leur travail. L'ambiance générale est assez triste. Rien à voir avec ici.

 

Comment envisagez-vous l'avenir ?

Je suis d'un naturel optimiste. Il y a un mot interdit dans la société, c'est le mot "crise". Les Mexicains ne s'apitoient jamais sur le sort. On y va, on avance. On regarde devant et pas derrière... à l'inverse de la France. Donc, professionnellement, on développe le schéma d'activités mis en place au Mexique dans d'autres pays d'Amérique latine comme la Colombie, le Pérou, le Chili et le Venezuela. Ce sont des marchés très porteurs. Pour moi, l'avenir est donc sur ce continent et pas en Europe.

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